Raymond Fernandeztonnelier de la Maison Rémy Martin

Témoignage

Trois maîtres de chai et d’innombrables fûts de chêne (15 000 à l’année !), faites connaissance de Raymond Fernandez, tonnelier au sein de la Maison Rémy Martin depuis 26 ans.

 

Vous venez de quelle région de la France ? 

« Je suis de Charente, Touvérac exactement, au sud du département ».

 

Qu’est-ce que vous avez fait avant de devenir tonnelier ? 

« J’ai été apprenti pendant 2 ans au sein de la Maison Pelletant où j’étais scieur de long. C’est-à-dire que l’on coupe les arbres dans le sens de la longueur pour faire des planches pour tous les métiers du bois. Je suis ensuite passé ouvrier toujours en scieur de long ».

 

Comment avez-vous découvert votre métier ? 

« C’est la passion et l’amour du bois qui m’a été transmise par mon père ».

 

Quel type de formation professionnelle est nécessaire pour devenir tonnelier ? 

« C’est une formation de deux ans qui passe par un apprentissage. Les cours sont donnés par la chambre des métiers et l’apprentissage se réalise dans une entreprise. Pour ma part, j’ai commencé mon apprentissage à la Maison Pelletant. Une fois mon diplôme en poche j’ai été embauché dans la même entreprise. A l’époque je suis sorti 1er de ma promotion et j’ai eu le 2eme prix départemental de la Charente ». 

 

Quel est votre routine quotidienne ? 

« Dès mon arrivée, je me mets en tenue de travail, et je prends le temps de discuter avec mes collègues pour ensuite prendre mon poste. Les missions sont plutôt diversifiées étant donné qu’aujourd’hui je contrôle la qualité des fûts. Quand je suis arrivé chez Rémy Martin, je faisais de la réparation de fûts. Aujourd’hui je tri les fûts neufs et les fûts qui reviennent de la viticulture. Je fais l’étanchage (colmatage de la fuite sans démontage du fût, à l’aide de petits morceaux de chêne ou de jonc en fonction de la nature de la réparation à réaliser) et je travaille également sur les tonneaux (grosse contenance).   A l’heure du déjeuner, j’aime bien sortir du site et je vais déjeuner avec mes collègues de l’UCM (Unité de Conditionnement à Merpins) ».  

 

Qu’est-ce que vous faites pour vous amuser ? 

« Quand je ne suis pas au travail, je suis président du Comité des Fêtes de ma commune, cette activité me prend beaucoup de temps. C’est un gros travail d’organisation ».

 

Décrivez votre « bureau »

« Mon bureau, ce sont les chais et principalement le Chai A qui est le point central de réception de fûts. Tous les fûts passent par le chai A avant d’être dispatchés dans d’autres chais pour le stockage des eaux de vie ». 

 

Les aspects que vous aimez le plus dans votre travail ?  

« Ce qui est stimulant c’est le fait d’être pointilleux et exigeant pour que le triage des fûts se fasse bien. Ce que j’aime dans ce travail c’est trier les fûts et l’étanchage. Il faut être minutieux. Mais ce que j’aime le plus c’est entretenir mon savoir-faire »

 

La chose la plus surprenante dans votre métier ?  

« Ce qui est surprenant dans ce métier c’est de comprendre la subtilité de la construction d’un fût, car parfois l’œil ne voit pas tout. Les gros arrivages sont assez surprenants également, de voir autant de fûts en même temps. Il faut savoir que je manipule environ 15 000 fûts à l’année ».  

 

Quelles caractéristiques sont nécessaires pour devenir tonnelier ? 

« Pour opérer des réparations et expertises efficaces sur les fûts il faut bien connaître les tonnelleries qui nous livrent car chacune a ses propres techniques de fabrication ».

 

Pourquoi avez-vous choisi de travailler avec Rémy Martin ?  

« Avant d’intégrer la Maison Rémy Martin, j’étais scieur de long. Mon arrivée dans la Maison était pour moi l’opportunité de découvrir un autre métier du bois. A l’époque, Rémy Martin cherchait un tonnelier. J’ai postulé et après plusieurs entretiens, j’ai été embauché ».

 

Votre devise ? 

« Ma devise ce serait de rester encore longtemps pour perfectionner encore mes connaissances ».